LE STRESS DE LA RENTREE

Les uns prennent le chemin de l’école ou du lycée, les autres celui de l’Université, et pour les adultes, il faut reprendre le travail après la pause de l’été… A ce tournant de l’année, se mélangent l’excitation et l’appréhension. Une appréhension qui peut atteindre des niveaux élevés de tension et d’anxiété. La rentrée est un « stresseur ».

Il y a encore de beaux jours, mais le soleil pâlit, l’air est moins chaud, la nature jaunit un peu déjà. L’annonce de l’automne, la baisse de la lumière, s’accompagnent d’un recul de l’énergie dans le corps et, paradoxalement, elles coïncident avec un calendrier chargé pour chacun, exigeant et consommateur de calories. Les familles sont dans l’effervescence pour réorganiser les emplois du temps et les conduites, sélectionner les activités extra-scolaires, assister aux premières réunions, acheter les fournitures, renouveler les garde-robes, trier les affaires devenues trop petites… Pour les plus grands, en études supérieures, il faut valider les inscriptions, parfois chercher un logement dans une autre ville, s’équiper, emménager, se séparer… Pour les parents, c’est aussi la rentrée au travail, comme un recommencement, un départ pour une nouvelle traversée, toujours un peu vertigineux ; il faut « reprendre le collier ». Certains ont profité de l’été pour déménager et installer à temps tout leur petit monde pour la-dite rentrée : il faut intégrer tous ces changements et prendre ses marques. Quelle énergie dépensée ! La rentrée est statistiquement une période d’intensité, de fatigue et de stress. L’événement « rentrée » modifie l’équilibre personnel et celui du groupe. Elle correspond à un changement d’état. Les ressources de chacun sont mobilisées pour affronter les nouveautés, les défis, l’inconnu, et s’adapter. Pour peu que les vacances n’aient pas été reposantes (pour le corps et le psychisme) et la rentrée peut être une période de vulnérabilité.…

De l’appréhension au grand stress

Déstabilisante par nature, elle s’accompagne de peurs qui vont de l’appréhension au grand stress, liées autant à l’idée qu’on se fait de ce qui va advenir (anticipation anxieuse) qu’à la réalité des mutations et nouveautés ou des tâches à accomplir. Retourner au travail ou à l’école, entrer au collège, au lycée, à la fac, en prépa… nous fait nous interroger sur ce que l’on va rencontrer et ce que l’on craint : qu’est-ce qui m’attend ? Quelle charge de travail ? Quelles difficultés ? Quelle réussite ? Vais-je y arriver ? Vais-je me faire des camarades ? Ai-je envie de retrouver tel collègue et l’ambiance de mon lieu de travail ? Quel temps aurai-je pour moi ou ma famille ? On peut se surprendre à repenser ses choix…

Et puis, à la rentrée, on reprend aussi les « dossiers » qu’on a laissé en plan avant les vacances, au bureau comme à la maison – avec une légèreté et une intention délibérée de procrastiner à l’époque, que l’on se reprocherait presque ! – On peut très vite se sentir débordé au milieu de cette rentrée, démoralisé et vaincu par une « to-do list » écrasante. En toile de fond, la fin des vacances, le changement de saison, le deuil de l’été, les jours qui raccourcissent, plus de pluie et de fraîcheur, et l’hiver droit devant… Stop ! Danger d’overdose !

Alors, pourquoi ne pas nous autoriser cette anxiété passagère et opportuniste (après tout, c’est normal que tout cela nous fasse peur) et nous rassurer sur nos capacités (souvenons-nous qu’on a surmonté la rentrée de l’an dernier !) ? Pourquoi ne pas nous appuyer par ailleurs, sur les bons côtés de la rentrée ? Les retrouvailles joyeuses avec les bons copains, le retour des rituels qu’on apprécie, la reprise de notre pratique sportive préférée, des petits plaisirs que l’on s’offre, des loisirs qui apportent du bien-être, la formation de nouveaux projets, l’organisation des futures vacances, les rayonnements flamboyants de l’été indien…

Aborder la rentrée scolaire plus sereinement

 L’avantage de prendre soin de son propre stress est double : outre produire un bienfait pour soi, libérer ses peurs, c’est libérer de l’espace pour mieux écouter les peurs des autres. Comment s’entraider en famille afin d’aborder la rentrée scolaire plus sereinement ? Alors que les parents, c’est légitime, sont préoccupés (de plus en plus) par l’avenir de leurs enfants, ils risquent de leur transmettre leur inquiétude et de leur imposer leurs doutes sur la réussite de l’année scolaire qui commence. La peur, c’est très contagieux ! On croit s’en prémunir par toutes sortes d’avertissements et d’exhortations mais qui ne font que lui donner une caisse de résonance. : « Ça va être plus difficile cette année, il faut que tu te mettes au travail tout de suite », « Si tu ne fais pas ce qu’il faut, tu auras un mauvais dossier et tu n’auras jamais les écoles que tu vises », « Tu dois comprendre l’importance de l’école si tu veux réussir dans la vie ! Si tu ne fais pas d’efforts, tu auras un métier que tu n’auras pas choisi et que tu n’aimeras pas… ». Les conseils sont rarement efficaces, les prédictions négatives plombent les rêves et la confiance en soi et les promesses de bonnes résolutions ne servent qu’à rassurer les parents.

Au contraire, essayons d’entendre les appréhensions des plus jeunes face à l’inexploré et à l’injonction de réussir. Pour eux, la rentrée est nécessairement un passage vers un niveau supérieur, plus exigeant, plus compliqué, jamais franchi, assorti d’une totale nouveauté quelquefois : l’entrée en Maternelle, au CP, au collège, au lycée, dans un établissement supérieur, dans une nouvelle ville, un pensionnat, une année de concours, etc. Comment vont-ils s’en sortir ? Comment vont-ils relever le défi ? D’autant que l’enjeu – et pas le moindre – est également de contenter ses parents. Normal qu’ils soient angoissés ! Comme nous le faisons pour nous, commençons donc par reconnaître leurs craintes, leur dire que nous les comprenons. Nous pouvons aussi partager avec eux nos propres expériences : quel souvenir avons-nous de nos peurs de rentrée ? Comment ça s’est passé pour nous ? Comment les avons-nous surmontées ? Peut-être ont-ils besoin d’être rassurés, mis en confiance, encouragés, de se sentir soutenus. Et qu’on les aide à se projeter dans des perspectives positives : ils vont apprendre de nouvelles choses, se faire de nouveaux amis, démarrer le judo ou reprendre la natation… (pour les plus petits, choisir une nouvelle trousse, un nouveau cartable ou un nouveau stylo, peut consoler de bien des chagrins et anxiétés) ; ils vont grandir, faire des découvertes, avancer vers leur but, ouvrir de nouvelles perspectives, s’offrir de nouvelles chances…  Peut-être ont-ils besoin d’entendre qu’ils ne seront pas seuls, que s’ils ont du mal, on les aidera, qu’ils surmonteront, qu’on leur trouvera des soutiens. Et que dans tous les cas, l’important est qu’ils fassent de leur mieux ! Nous aussi, c’est ce que nous ferons.

Anne de la Brunière – article publié dans le magazine Com’ sur un plateau n°13 – Septembre 2019

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